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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 12:59

OUEST FRANCE DU 5/09/09
L'histoire prend fin pour Le Bihan Vitraux - Quimper

samedi 05 septembre 2009
Antoine Le Bihan avait repris l'atelier créé par son grand-père et développé par son père rue Michel-Marion, au Cap-Horn.</P>

 

Faute de commandes, l'atelier vient d'être liquidé. Il poursuivait une activité lancée sous la Révolution.

 

L'atelier Le Bihan vitraux met la clé sous la porte. Le tribunal de commerce a décidé vendredi la liquidation de cet atelier, actuellement situé au Cap Horn. Ili restaure des vitraux depuis des générations : Yves Le Bihan a installé l'atelier à Quimper après la Seconde guerre mondiale, relayé par son fils Jean-Pierre puis par Antoine. Mais l'origine de l'atelier est bien plus ancienne. Il a démarré dans le Léon sous la Révolution avec la famille Saluden.

Antoine Le Bihan, qui emploie actuellement quatre artisans-verriers, attribue la situation au code des marchés publics : « C'est systématiquement le moins-disant (N.D.L.R. le moins cher) qui est retenu, ce qui veut dire des matériaux de moindre qualité... Les premiers surpris de la liquidation sont la Direction des affaires culturelles et l'Architecte des bâtiments de France. »

L'atelier avait restauré l'an passé la verrière de la Passion, à l'église Saint-Mathieu. Une verrière du XVI e siècle, signée Le Sodec, un artisan-verrier dont l'atelier quimpérois a restauré plusieurs vitraux en Cornouaille.

Le Bihan Vitraux travaillait dans toute la Bretagne. La palette de verres qu'il utilisait va à présent être dispersée dans la liquidation : « C'est une collection qui disparaît alors qu'il n'y a que quelques ateliers en France à disposer d'un pareil ensemble. »

Antoine Le Bihan compte pour sa part continuer son métier d'artisan-verrier au service d'autres entreprises. Mais ce ne sera pas à Quimper.

 

Le Télégramme revient également, sous la plume d'Éliane Faucon-Dumont, sur cette information dans son édition du 9 septembre 2009 :

Le Bihan - Crépuscule sur les vitraux

Vendredi soir, la SARL JP Le Bihan, fermera ses portes. Pour les maîtres-verriers, héritiers d'un savoir-faire séculaire, c'est la fin d'une histoire commencée dans le Léon en 1791.

Antoine Le Bihan, gérant de «la plus ancienne entreprise de création de restauration de vitraux en Bretagne», jette à regret l'éponge. «Pour exercer l'activité de maître-verrier, il faut actuellement disposer d'une grande fortune, avance-t-il. Pour le moment, ce qui compte c'est de sauver nos archives». L'artiste et sa sœur, Claire, rassemblent les documents qui racontent l'histoire de cette entreprise, fondée en 1791 par leur ancêtre Pierre Saluden, à Saint-Pol de Léon. En 1808, le fils de celui-ci ouvre son atelier à Landerneau. Auguste, son petit-fils et AnnaSaluden, son épouse, perpétuent la tradition à Brest dès 1908. En 1947, Yves Le Bihan, gendre d'Anna, s'installe à Quimper. Jean-Pierre, son fils, lui succède en 1963. Antoine, plasticien et également maître-verrier, arrive dans l'entreprise en 1985. Titulaire d'un diplôme supérieur d'expression plastique, il ajoutera son savoir-faire à celui de ses prédécesseurs.


Des restaurations

L'atelier, situé à deux pas du halage, est plein de cartons, de morceaux de vitraux, de photos, de noms, de souvenirs. «Avec nos cinq salariés, nous avons réalisé de nombreuses restaurations, sauvés des vitraux de valeur inestimables, créé de nouveaux modèles. Ma première restauration, raconte Antoine Le Bihan, remonte à 1984. Benjamin Mouton, alors architecte des Bâtiments de France, m'a demandé de refaire le vitrail dit de "La Passion", à l'église de Guengat. J'achève mon travail de maître-verrier à La Martyre, dans le nord Finistère. Mon plus beau souvenir est lié à la restauration des vitraux de la cathédrale de Quimper et en particulier, du vitrail de "La Crucifixion". L'original se trouvait à Castelnau-Bretenoux, dans le Lot. Réalisé au XVe siècle, ce vitrail a été déplacé, revendu à un antiquaire, appartenu à un chanteur connu qui en a fait don à l'État. Je l'ai restauré à l'identique. C'est l'une de mes fiertés». Des fiertés, Antoine Le Bihan en a d'autres. Il faut l'entendre raconter comment, sans rien déplacer, enfermé dans un édifice, il a patiemment redonné sa jeunesse à une pièce unique, comment un visage ancien est sorti de l'ombre grâce à un travail minutieux. L'entreprise fermée, c'est tout un savoir-faire qui disparaît. Pourtant, insiste le maître-verrier, il reste bien des restaurations à faire en Bretagne et ailleurs. Des chefs-d'œuvre vont disparaître, faute de crédits et de volonté politique...

À la télé

L'an prochain, l'émission «Des Racines et des Ailes» reviendra sur l'histoire et les travaux de la famille Saluden-Le Bihan. Les réalisateurs ont passé, au printemps dernier, de longues heures dans l'entreprise. Ce sera le dernier souvenir, la dernière page d'une grande histoire.


Le Bihan vitraux : quand le patrimoine disparaît... - Quimper

lundi 21 septembre 2009

Antoine le Bihan, désabusé devant une partie de sa vitrine réalisée pour les journées du Patrimoine.</P>

 

 

Le patrimoine, c'est aussi un savoir-faire ancestral qui se transmet de père en fils, comme celui de maître verrier par exemple...

Ce savoir-faire, la famille Le Bihan-Saluden l'exerçait depuis 1791. D'abord à Saint-Pol-de-Léon. Après quelques déplacements géographiques, l'atelier s'installe en 1947 dans le quartier de Sainte-Bernadette à Quimper. On ne compte plus, depuis, le nombre de vitraux sauvés du désastre par l'habileté de ces artisans. Antoine a succédé à son père Jean-Pierre en l'an 2000, il l'accompagnait depuis 1985, à sa sortie de l'école des Beaux-Arts.

La rage au coeur

Ce ne sont pas les chantiers qui ont manqué, des prestigieux comme celui de la cathédrale de Quimper, la basilique de Saint-Pol-de-Léon, Nantes, Vannes, Rennes, Laval et... La Martyre. Mais l'atelier a aussi réalisé des vitraux à partir de cartons d'artistes contemporains comme Dilasser, Federenko... Il y a eu jusqu'à neuf compagnons pour oeuvre auprès de Jean-Paul puis d'Antoine.

Sur la grande baie vitrée qui donne sur la rue Michel-Marion, Antoine, la rage au coeur a affiché une centaine d'attestations de travaux, toutes aussi dithyrambiques les unes que les autres et signées par des architectes des Bâtiments de France. L'excellence du travail, le respect des temps impartis, tout y est. Mais au fil des ans, les restaurations se sont faites plus rares, les financements de la Drac en particulier n'ont pas suivi. Les matériaux ont augmenté de façon inouïe, « Jusqu'à 100 % pour le plomb cette année. » Et le plomb, c'est indispensable pour joindre les vitraux. « Et puis, dans les appels d'offres, c'est le moins disant qui l'emporte ».

Trop tard

L'atelier qui, depuis quelques années avaient de plus en plus de mal à boucler son bilan, c'est retrouvé en cessation d'activité le 11 septembre. « La SARL est liquidée, plus d'électricité, plus d'eau, plus de téléphone ». Il y a quelques semaines, l'émission « Des racines et des ailes » effectuait un reportage à l'atelier. On le verra cet hiver sans doute. Mais l'atelier, lui, sera fermé. « Le plus dérisoire, c'est que je viens d'avoir une proposition pour une verrière de la Sainte-Chapelle à Paris ! ». Trop tard. Antoine proposait, pour les Journées du patrimoine, que le public vienne voir ces attestations et quelques photos et documents affichés sur les vitrines de l'atelier. Et qu'il en débatte librement. L'artiste, lui, n'était pas là. Il n'a plus le coeur à en parler. Voir le site lebihan-vitraux.

Autres

Bonjour,

J'apprends avec tristesse les problèmes de votre entreprise. Quimpérois de naissance, j'ai eu Jean-Pierre comme prof d'arts plastiques à Saint-Yves en 1961 ou 62-63.. peut-être avant, et je me souviens  bien de ses cours et des dessins faits à ce moment-là, et qui m'ont donné l'envie de peindre et surtout le goût de la peinture.

J'ai vu à la galerie Saluden, où il y avait (sans doute) votre mère et peut-être votre père parfois, -avant de connaître d'autres galeries et musées-,  à l'étage où régnait le recueillement et l'odeur des couleurs, << mes>> premiers peintres, Gurbert, Carzuzan, Morvan, Quéré, Péron, Le Merdy, Mingam, Kervella, Pierre Gilles peut-être et sûrement d'autres que j'oublie en ce moment. J''y achetais quelques feuilles de Canson et des couleurs. Ensuite j'ai fréquenté la galerie de Brest.   

Tout ça pour dire que je suis peiné vraiment de  ce qui se passe. Je me suis toujours dit que si j'avais un jour un vitrail à faire réaliser, je m'adresserai à vous. Et lors de mes visites de chapelles et d'églises, pas seulement pour voir des Bazaine ou Quére, je tente toujours de voir si le vitrail vient de vos ateliers.

Ce serait bien que votre site internet soit préservé pour qu'on n'oublie pas votre savoir et votre compétence.

J'adresse un salut cordial à mon vieux professeur de dessin de quatrième ou de troisième, dont quelques coups de crayon me reviennent en ce moment en mémoire. Il était alors encore jeune, souriant et très patient avec nous,  -c'était il y a presque 50 ans-,  et à son fils Antoine.

J'espère que votre aventure créatrice et artisanale se perpétuera au moins sous une autre forme. Amicalement.

MK



Bonsoir,

 

Nous pensons bien à vous et vos enfants en ces moments difficiles.

 

La saga des verriers Saluden et Le Bihan-Saluden a certainement vécu d'autres moments pénibles depuis la Révolution de 1789, et elle peut renaître de ses cendres plus tard. Il faut rester optimiste car vous avez de nombreux descendants.

 

On vous embrasse

 

Philippe et Mio





C'est une bien triste nouvelle pour l'atelier et surtout le personnel.
J'espère que tous ces savoirs faire pourront continuer (sous une autre
forme...).

Bien à vous

très cordialement

Dominique C.




Je ne trouve pas les mots forts pour écrire ma douleur, comme je ne trouve pas ces mots suffisamment cinglants pour exprimer ma colère.

Il y a 22 ans, cette entreprise familiale m'a ouvert les portes pour me transmettre leur savoir avec respect et amour pour ce métier "Vitrailliste", pour m'avoir laissé vivre cette aventure de mes propres ailes depuis 15 ans.

Aujourd'hui, ce n'est pas un concurrent qui ferme les portes, mais un ami.

Je dirais même un père, frères, soeurs......

Toutes une famille, toutes les générations issus de ce passé dans l'histoire du Vitrail qui s'éteint.

Justement, le "PATRIMOINE VIVANT" comment peut on en accepter la fin ?

Aujourd'hui, c'est l'entreprise "LE BIHAN". Demain, peut-être moi,
mais combien ici et là dans l'hexagone ?

Ce qui est certainement le cas.

Fermetures causées par un cumule de problèmes, mais je dénonce surtout une hypocrisie.

L'inflation des matières 1ère.

Le jeu du pouvoir et de l'argent des grands groupes. Celui qui mangera l'autre pour être plus fort, être côté en bourse, avoir le monopôle.


Et que fait le pouvoir politique ?

A quand une véritable reconnaissance de nos "Savoir Faire".

A quand un vrai statut social ?

Une protection qui nous préserve certe dans une identité sociale et juridique à part entière "PATRIMOINE VIVANT", mais aussi sur l'inflation des matières 1ère
.

Aujourd'hui, ces points sont nos faiblesses et nous mènent à la perte.

Sans une prise de concience, sans une remise en question de toute la société, ce n'est pas une profession qui s'éteint, c'est un ensemble de Métiers d'Art.

                                                                    "
PATRIMOINE VIVANT"
                                                                       J.H. HARBONNIER


http://ptiquotidien.over-blog.com/article-35723115.html

http://madeo-etienne.blogspot.com/2009/09/maitres-verriers.html

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-36146750.html

http://faiencedequimper.blogspot.com/search/label/Antoine%20Le%20Bihan

http://ouenja.blogspirit.com/archive/2009/10/17/maitre-verrier.html

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Published by LE BIHAN VITRAUX
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commentaires

renaudeau-lecordier bothorel 27/07/2010 23:01



Bonjour


Je suis native du 56 et y vis toujours après avoir habité dans le 35 durant  16 ans. J'ai découvert cette entreprise en faisant ma généalogie et en découvrant des gens qui sont de mes
cousins et qui sont la famille Le Bihan, issue de Jegourel (Pontivy) toute cette branche est donc partie dans le 29 et s'est mariée avec Saluden.Navrée de découvrir ce facheux événement, d'autant
plus que mon frère qui travaille dans les monuments historiques (conservateur à Paris) a fait une grande partie de ces études sur l'architecture de Quimper et il connait parfaitement la qualité
du travail entrepris et notamment sur la cathédrale de Quimper, qu'une connaissance (un évêque m'avait évoquée aussi).


J'espère qu'ils remonteront la pente, je leur souhaite bon courage.


Armelle



Benjamin Sergeant 24/05/2010 02:42



Venez visiter le cathédrale de Quimper sur 360maville.com en suivant ce lien : http://www.360maville.com/monument-historique/cathedrale-saint-corentin-de-quimper-entree-les-grandes-orgues/entree-les-grands-orgues.html



Chesneau Nathalie 06/03/2010 11:48


Bonjour,
nous venons de voir "Des racines et des ailes" et ne comprenons pas comment un savoir faire, mais aussi un talent comme celui d'Antoine, qui menait cet atelier, peut disparaitre.Je suis surprise
qu'il n'en ait pas été fait mention durant l'émission car si l'on se gargarise de ces beaux métiers qui font du vieux continent un socle de mémoire sur lequel se construisent les cultures du
futur;si on laisse faire la seule sélèction économique naturelle, il ne nous restera peut être pas les meilleurs mais seulement les plus résistants. Je ne suis pas sûre que ce soit un idéal très
motivant.
Antoine, je t'adresse tous mes remerciements pour l'amour de la peinture sur verre que tu m'as transmis, l'air de rien, avec légèreté,gentillesse et liberté.
Je pense bien souvent à toute cette équipe que j'ai eu la chance de croiser et auprès de laquelle j'ai appris bien plus sur l'esprit du vitrail que durant toute ma formation.
Nathalie Chesneau


blanc thérèse 03/03/2010 22:34


Bonsoir,
Moi qui demain soir me rend à un premier cours de création de vitraux, j'ai eu l'agréable surprise en regardant "des racines et des ailes" de voir le magnifique travail que vous realisez.
De suite sur Internet ! et quelle horreur d'apprendre qu'un atelier tel que le vôtre ait dû fermer ses portes.
Je vous souhaite de continuer de vivre votre passion.
Amitités
PSM


gribouille24 03/03/2010 21:50


bonsoir
actuellement je regarde des racines et des ailes , avec le reportage sur les vitraux , je faisait des recherche sur Le Sodec et je suis tombé sur votre blog ;;;
je continue de regarder l'emission je reviendraia .dommage que vous aayez fermé .
bonne soirée
sakana

PS j'adore les vitraux ,


 le bihan titre photos

 

       CREATIONS ET RESTAURATIONS 

                  VITRAUX

          REOUVERTURE EN OCTOBRE 2010

               3 rue Michel Marion

                29000 Quimper

                02 98 55 74 78

                  antoinelebihan29@laposte.net

Fondée en 1791 - pour les particuliers et les

édifices religieux - nombreuses références

 

Recherche

HISTORIQUES

  16-rue-traverse.gif 

 

 En 1791, Pierre Saluden travail le vitrail avec son frère à Saint Pol de Léon(29). En 1808, il crée son atelier à Landerneau(29), pour ne pas faire concurence à son frère. Lui succède son fils François SALUDEN puis on petit fils Pierre SALUDEN. 

En 1908, Auguste (fils de Pierre Saluden) et Anna SALUDEN créent un atelier à Brest.  Suite à la destruction de Brest, installation de l'atelier à Quimper, repris par Yves LE BIHAN (gendre d'Anna) : VITRAUX LE BIHAN SALUDEN

En 1963, reprise de l'atelier par Jean Pierre LE BIHAN -1985, embauche Antoine Le Bihan (fils) - 1993, création de la SARL JP LE BIHAN VITRAUX  - 2000, départ en retraite de Jean Pierre - 11 septembre 2009 - fermeture de la SARL

octobre 2010 - réouverture de l'atelier le bihan vitraux par Antoine Le Bihan.

 

A ce jour, l'atelier a réalisé de nombreuses restaurations dont les cathédrales de Quimper (29), de Saint Pol de Léon (29), de Nantes (44), de Vannes (56), de Rennes (35), Laval (53).

L'atelier a réalisé des créations avec des artistes tels que Alain BERRAULT, René QUERE, François DILASSER, Mme COATALEM, Hung RANNOU, Nicolas FEDERENKO, Renaud GAUTIER, Yves PICQUET....

Nombre de ses réalisations se firent dans les monuments classés avec des architectes du service départemental des Monuments Historiques (J.F LAGNEAU, M.S. DE PONTHAUD, CHOUINARD, LEFEVRE, LISCH, B. MOUTON, PERROT, RONSERAY...)